Trouvons ce qui nous unit, une conversation à la fois.
Pendant son projet "Fifty First Dates", Carrie a rencontré Jacinthe, la 31ème de ses 50 rencontres. Elles ont tout de suite partagé l’envie d'encourager plus de rencontres de ce genre dans la communauté. Elles ont donc décidé de lancer un rendez-vous mensuel où des inconnu.e.s se rencontrent et discutent, sans arrière-pensée amoureuse. Si Jacinthe se considère comme une introvertie, pour Carrie c’est tout le contraire. Elles ont réussi à mélanger leurs façons de communiquer pour créer une ambiance qui plaît aussi bien aux introverti.e.s qu'aux extraverti.e.s.📖 La genèse
Photos par Céline Bélanger On forme les binômes au hasard, et comme dans le projet "Fifty First Dates", les gens ont une heure pour faire connaissance et découvrir le point de vue de l’autre. Les rencontres sont ouvertes à tout adulte voulant partager cette expérience humaine. En plus de créer des liens dans la communauté, ces rencontres mensuelles nous permettent de mettre de côté nos préjugés et de trouver ce qu'on a en commun, au-delà des étiquettes sociales. Rencontrer quelqu’un, même juste pour une heure, peut faire toute la différence. Tout le monde est bienvenu. Soyez à l'heure puisqu’on forme les binômes assez vite. Les personnes retardataires ne pourront pas nécessairement participer. 👥 Rencontres mensuelles
Alors, pourquoi une entente communautaire ? Comme nous sommes des inconnu.e.s qui rencontrons d'autres inconnu.e.s, c'est important qu'on soit tou.t.e.s d'accord sur quelques principes de base pour que ça se déroule bien. Et surtout, pour que tout le monde se sente en sécurité et à l'aise. Ces rencontres sont AMICALES ! Si tu cherches l'amour, tente ta chance sur Tinder. Tu rencontreras peut-être quelqu'un qui a des opinions très différentes des tiennes. Et ça, c'est super. On apprend tellement lorsqu’on s’accorde le temps d’écouter l’autre. On demande donc d’aborder ces discussions avec introspection, curiosité et respect. En gros, c'est ça : le respect est de mise et la drague n’est pas permise. Ça rime en plus. Certainement ! Nous organisons ces rencontres afin de contribuer au développement d'une communauté saine au sein de laquelle nous apprenons à connaître d'autres membres de la communauté, indépendamment de leur âge, de leur genre ou de leur milieu social. En acceptant de participer, vous comprenez les risques encourus et vous déchargez Jacinthe, Carrie et le projet Meet A Stranger de toute responsabilité en cas de préjudice qui pourrait survenir.🤝 Entente communautaire
Ça marche ! C’est quoi cette entente?
Pourquoi pas quelques conseils pour des discussions plus fluides ?
⚠️ Décharge
With a background in creative arts, Carrie is an extrovert, and the author of the 2023 creative non-fiction, “Mending Broken.” In 2024 she conducted the “Fifty First Dates Project,” allowing her to learn life lessons from fifty complete strangers. Jacinthe was stranger 31/50, and the two discovered that they shared a common desire to build community and encourage social engagement. The “Meet A Stranger Project” grew from there. Though Jacinthe is an introvert, she believes in the power of human connection. In a world where algorithms are shaping our opinions, talking to one another has become a revolutionary act, and that’s why she jumped wholeheartedly into this project with Carrie. Meet A Stranger has rekindled her project management fire, igniting the same spark she felt working with inspiring documentary filmmakers in Montreal. Seán is an introvert who is commonly mistaken to be an extrovert. After struggling with severe social anxiety for much of his life, he became adept at talking to strangers while selling space travel supplies and helping patrons navigate the library system. In 2018, he started a series of projects that intended to make social connection across divides more accessible. He drifted away from this work during the pandemic, until he stumbled across Meet A Stranger, which rekindled his passion for community broadening. When I conducted the ‘Fifty First Dates Project’ I asked each stranger WHY they wanted to participate. One of the women who volunteered for the project gave a heartbreaking one-word answer: “lonely.” Her partner had suddenly died, and she was alone in Victoria. Finding it challenging to make new friends, she saw my ad on a community notice board, and thought she could connect with another human, if only for one hour. Her story haunted me for months, and ultimately, the idea for the Meet A Stranger Project blossomed from the conversation we shared that day - so anyone experiencing the same sense of isolation that she did, would never have to feel alone again. I moved to London in my early twenties thinking I was going to land a dream job at the BBC. In my first week, a woman offhandedly mentioned a cheap hostel around the corner that allowed long-term stay. Then, a few weeks later, I found myself low on cash, without a job or a place to stay, rolling my heavy suitcase through the London tube, searching for this mysterious hostel in Earl’s Court. That hostel became home, and the people in it became family. Some are still in my life despite the physical distance between us. Instead of advancing my career, I spent years working odd jobs and living with what I could fit in my newly purchased backpack to travel the world. Who knows where I would be today if it weren’t for that stranger’s offhand comment? Over the years, I've had many profound encounters with strangers that often didn't involve words so much as shared experiences. I think about the elderly Chinese woman who knocked on my door many years ago, with her shy grandson by her side, neither of whom spoke English. Through a series of pantomimes, I learned that they had gone for a walk and gotten a little lost. I managed to bring up a map of the area, she pointed out the address where they lived, and I gave them a ride home. I also remember huddling beneath an umbrella during a downpour in London with a stranger from Brazil who spoke almost no English and happened to be standing next to me amongst dense thousands of cult Harry Potter fans at the premiere event for the final film. I had gotten separated from my traveling companion during the frenzy, and being able to share this surreal moment with another isolated human still brings warmth to my heart. Many more such moments from across my life come to mind, but when I am feeling jaded, lonely, or cynical, they lighten my heart and remind me that we are all in this together, regardless of our disparate backgrounds. And that the line between stranger & companion is only as thick as we make it. 🎨 Portraits illustrated by Kate Romain💼 Équipe (en anglais)
Q&A
What is one thing you’ve learned from a stranger that has changed your life?
Carrie
Jacinthe
Seán
Seán a conçu ce symbole en 2018 pour nous aider à nouer des liens sociaux avec des inconnu.e.s. Porté en macaron (ou posé sur une table), il indique aux autres que vous êtes ouvert.e à une conversation. Ce projet repose sur l'idée que de nouvelles connexions sociales peuvent se créer n'importe où, à condition que les opportunités soient identifiées. Afin de simplifier ce processus dans un contexte hors ligne, un symbole simple et reconnaissable a été créé. Il est facilement reproductible et utilisable dans diverses situations. Vous pouvez télécharger le kit original du symbole ici. Pour en savoir plus, vous pouvez envoyer un courriel à Seán (en anglais SVP ☺).💬 Le symbole de conversation
Absolument ! Les événements « Rencontre l’Autre » attirent des personnes avec différents niveaux de confort social, et on essaie de rendre les conversations entre elles aussi accessibles que possible. Pour nos événements, on fournit des sujets de conversation que les personnes peuvent prendre si elles le souhaitent. En plus de la cloche qui indique la fin de l'heure, on recommande aux gens de mettre leur propre minuteur sur leur téléphone afin de s’assurer de ne pas dépasser la limite de temps. Enfin, on suggère que les binômes fassent le point à la demi-heure pour voir s'ils sont d'accord pour continuer la conversation. C’est tout à fait correct de partir si vous vous sentez un peu dépassé.e. (Mais dites-le à votre binôme avant de partir, hein?) On sait qu'une heure entière, ça peut sembler long à passer avec une personne qu’on ne connait pas. Mais on croit qu'une conversation plus longue est essentielle à l'expérience « Rencontre l’Autre ». L'objectif de ce projet est de trouver ce qui nous unit, une conversation à la fois. Une compréhension plus profonde de l’autre prend souvent du temps à se développer. Ceci étant dit, on vous encourage à : En espérant que ce format permettra aux conversations de dépasser les banalités superficielles et d'aborder des sujets plus significatifs. Voici quelques photos d'événements antérieurs. (La plupart par Céline Bélanger). Vous avez envie d'organiser un événement « Rencontre l’Autre » dans votre coin ? Génial ! Cette boîte à outils vous donnera un aperçu de comment on fait chez nous. N'hésitez pas à adapter le processus à vos besoins. Par contre, si vous organisez un événement sous notre bannière, on vous demande de respecter notre entente communautaire. C'est simple comme bonjour ! Deux règles : Nos valeurs : « Rencontre l’Autre », c'est pour adoucir nos jugements en allant au-delà des étiquettes qui nous divisent. En discutant avec des inconnu.e.s, on renforce la confiance et la santé de notre communauté. Tout.e adulte est bienvenu.e ! Et les participant.e.s peuvent partir à tout moment. L'événement est gratuit, mais vous pouvez demander des dons pour couvrir les frais de salle, les collations, ou le matériel (crayons, étiquettes...). Notre principe : trouvons ce qui nous unit, une conversation à la fois. Oui, c'est ça ! Deux personnes qui discutent, tout simplement. On utilise aussi un petit symbole, une sorte de signe de ralliement, pour faciliter les rencontres entre inconnu.e.s. Vous pouvez le porter en macaron, l'afficher sur une pancarte ou le poser sur une table pour montrer que vous êtes ouvert.e à la discussion. Vous trouverez des modèles à imprimer gratuitement sur notre site internet (voir annexe). C'est là que vous pouvez laisser libre cours à votre créativité et adapter le concept à votre environnement. Ce qu'on fait pour nos rencontres mensuelles, ça marche bien pour nous, mais faites comme vous le sentez ! Quand les gens arrivent, on les accueille, on leur explique que le jumelage aura lieu après une courte introduction et on leur demande d'écrire leur prénom sur un petit papier, qu'iels déposent dans un pot. Nous, on utilise deux pots pour accélérer le processus de jumelage : deux animatrices, deux pots, deux fois plus rapide. Mais pour des événements plus petits, un seul pot peut suffire. On aime bien avoir un pot avec l'inscription « envie de jaser dehors » et un autre pour les personnes qui préfèrent « rester à l'intérieur ». N'importe quelle indication simple fonctionne, tant que les pots sont clairement identifiés pour que chaque personne sache où elle a mis son prénom. Ensuite, on invite les participant.e.s à se faire une étiquette avec leur prénom. On laisse traîner des sujets de conversation découpés en petites bandes de papier pour que les participant.e.s puissent les prendre subtilement au besoin (voir annexe). On aime bien faire une petite introduction pour partir les conversations du bon pied. Pour respecter les horaires de tout le monde, on encourage la ponctualité. On essaie de former les binômes dans les 15 minutes qui suivent l’heure d’arrivée. Pendant l'introduction, on se présente, on rappelle à tout le monde l’entente communautaire, on énumère les petits conseils (voir annexe), et on explique les possibilités de rétroactions. Puis, on commence à jumeler les gens. Les binômes sont choisis au hasard en tirant deux prénoms à la fois du pot. S'il y a un nombre impair, on peut faire un groupe de trois ou un.e animateur.trice peut participer. On conseille aussi aux participant.e.s de mettre un minuteur sur leur téléphone et de vérifier à mi-parcours s'iels sont tou.t.e.s les deux content.e.s de continuer la conversation. On offre des boissons et des collations, pour éviter la mauvaise humeur qui vient avec les petits creux. Le coin des collations peut aussi servir de pause ou d'excuse pour changer de sujet en douceur ("Je vais prendre un truc à grignoter, tu veux quelque chose ?"). À la fin de l'heure, on sonne une cloche pour indiquer que la conversation est terminée et on invite les participant.e.s à échanger avec les autres et à nous fournir leurs rétroactions. On encourage aussi d’avoir une méthode de rétroaction anonyme. La réponse: il faut de l'espace. Créer un environnement confortable où les gens se sentent à l'aise de se confier à un.e inconnu.e, c'est un défi. On peut facilement mettre 50 inconnu.e.s dans une petite pièce, mais en réalité, cet espace ne peut accueillir qu'environ cinq conversations privées. Quand il fait beau et chaud, on peut organiser ça dans un parc, où les binômes peuvent se promener, s'asseoir sur un banc ou sur une couverture de pique-nique. Les lieux intérieurs posent des défis, c'est sûr. On donne quand même la possibilité aux gens de se promener dehors, mais pour les personnes qui veulent rester à l'intérieur, on place les tables de manière à laisser de l'espace entre les binômes. On peut même mettre des couvertures de pique-nique par terre avec quelques coussins pour rendre ça plus accueillant. En fin de compte, n'importe quelle configuration qui convient à l'espace fera l'affaire, mais il est essentiel de créer un espace physique entre chaque binôme pour que chacun.e se sente à l'aise d'avoir une conversation privée dans un lieu public.
Pour désamorcer une situation tendue, le secret, c'est notre principe de base : trouvons ce qui nous unit. Qu’avons-nous en commun? D'après les rétroactions reçues, la plupart des participant.e.s apprécient leur conversation, et arrivent à trouver des points communs même avec les inconnu.e.s les plus bizarres. Mais bon, on a tou.t.e.s vécu des conversations ayant tourné au vinaigre en un rien de temps. Alors chaque mois, on apporte un kit de résolution de conflits pour aider à trouver une solution pacifique aux éventuels désaccords. Pas du tout ! Au contraire, on encourage les gens à normaliser ce genre de conversations. Toutes les conversations ne sont pas faciles et légères. Certaines peuvent remuer des choses. On suggère aux personnes qui se sentent déstablisées par une conversation de se donner la permission d'explorer pourquoi cette conversation les a déstabilisées. On grandit en tant que communauté grâce à l’introspection, à la curiosité et à l'empathie. Rome ne s'est pas faite en un jour ! Gardez espoir et réessayez le mois suivant. Ça peut prendre du temps à démarrer. La régularité, c'est la clé. Si le premier événement a peu de participant.e.s, on vous encourage à réessayer le mois d'après. N'oubliez pas : les gens ont envie de parler, il leur faut juste une invitation... et certain.e.s ont besoin d'un peu de temps pour l'accepter. Quelques idées pour promouvoir votre événement : imprimez des affiches promotionnelles, faites du bouche-à-oreille, annoncez votre événement en ligne et ayez en mains une feuille d’inscription pour rester en contact avec les personnes intéressées (voir annexe). Pas du tout ! Prenez le kit et foncez ! Mais on aimerait quand même savoir comment ça s'est passé ! Contactez-nous pour nous raconter ça. Il faudra faire vos propres recherches, en fonction de votre communauté. Mais sachez que les lieux loués exigeront probablement une assurance et on vous conseille de rédiger une décharge. Vous trouverez des exemples de décharges en ligne. N'oubliez pas, vous êtes responsables de la sécurité de votre événement.❓ Foire aux questions
Je suis introvertie. Est-ce que je devrais venir ?
Est-ce que ça fonctionne sur le même principe qu'une bibliothèque humaine ?
On s’est inspirées des bibliothèques humaines, mais à « Rencontre l’Autre », tout le monde est un livre.Une heure, c'est pas un peu long?
Est-ce qu’on pourrait faire des conversations de 30 minutes et changer après ?
Vous pouvez en voir plus sur notre Instagram.Un kit pour lancer votre projet communautaire
Ce guide est également disponible en format PDF imprimable
Ça marche ! C’est quoi cette entente ?
Ça a l'air cool ! Donc, on parle juste avec un.e inconnu.e pendant une heure ?
Le plus dur est passé, et maintenant, on fait quoi ?
Comment avoir une conversation intime avec un.e inconnu.e dans une pièce remplie de monde?
Qu’est-ce qui se passe si une conversation tourne mal ?
Est-ce que vous nous conseillez d'éviter les conversations difficiles ?
Ok, j'ai compris les bases, mais si personne ne vient, on fait quoi ?
Est-ce que je dois vous prévenir que j'organise un événement avec votre kit ?
Et les petites lignes juridiques, on en fait quoi ?